ANNICK LE PAGE (en 1995)
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Avant ma rencontre avec le milieu du Patronat français, j'avais une vie normale.
Elevée en Province, je suis issue d'une famille terrienne qui a engagé
son capital et son patrimoine pour faire vivre l'économie tout comme l'artisan
qui a un ou deux salariés, le commerçant qui travaille avec sa femme etc...
ainsi que les 98% des entreprises de France qui sont des PME.
Je fus, entre autre, lad-jockey par le biais de l'apprentissage.
Déjà l'apprentissage, était-ce un signe ? Dès mon plus jeune âge, je vivais à
l'heure des chevaux et pour les chevaux.
Ils m'apprirent beaucoup sur la façon de se comporter, fidèles à leur vocation
en suivant la loi de la nature,
fidèles à leur destinée ; en effet, eux n'avaient pas la langue de bois !
Puis en 1992, les chemins de la vie m'ont amenée à faire
carrière à Paris où j'y ai créé un cabinet de Conseil en
Communication à deux pas de l'Etoile. Puis en 1995, il y eut la rencontre avec
l'Union des Industries des Métiers de la Métallurgie (UIMM) et ses branches
patronales. Je fus engagée comme Chargé de mission par la Fédération des
Industries Mécaniques (FIM) dont le siège social se situe à La Défense où
j'y avais mon bureau n°821.
Quelle ne fut pas ma surprise de constater des
"dysfonctionnements" importants dans ce milieu patronal,
dysfonctionnements pénalement répréhensibles et surtout au détriment de
l'apprentissage ! Après avoir averti plusieurs membres
de la hiérarchie qui semblaient tous très mal à l'aise à l'écoute de mes dires,
j'écrivis à la Présidence de la FIM.
Ce que je découvris en soulevant "le coin de la carpette", ne sentait pas bon du tout !
Au lieu d'être pétrifiée comme j'aurais dû l'être mais
n'oubliant pas d'où je venais, je décidais d'aller au
bout dans la recherche de la vérité sur les fonds alloués à la formation
professionnelle ; Alors, commença pour moi, une longue guerre des tranchées
contre "une pieuvre aux nombreuses tentacules".
Au fil des mois, j'avais compris que pour la toucher, il fallait viser la TETE.
Je savais que ce combat serait difficile,
très difficile... Mais je savais aussi que j'avais la force, le caractère et
le tempérament pour mener ce combat et aussi
que je ne serais pas seule grâce à une poignée d'intimes des plus fidèles.
Alors, mon éducation, mes convictions et mes principes m'ont mis le pied à
l'étrier pour entamer une longue lutte qui sera t.e.r.r.i.b.l.e !
Voici quelques formules qui m'ont été annoncées dès mon arrivée à la FIM:
- « Si vous devez tuer quelqu'un dans nos maisons, fermez bien la porte de la pièce où à lieu le crime et surtout,
qu'il n'y ait pas de sang à couler sous la porte ! »
- « Les cadavres sont nombreux et, très souvent, jetés dans un placard plutôt que d'être
correctement enterrés ! »
Malheureusement, j'en connais quelques uns et quelques unes.
ANNICK LE PAGE.
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Après avoir constater des malversations au sein d'un centre de formation de la FIM,
j'ai pu établir en octobre 1997, un dossier qui faisait apparaître ces "dysfonctionnements" dans le but "d'obliger"
la Direction générale de la FIM à les cesser alors qu'elle laissait faire depuis de nombreuses années.
Ce dossier "sensible" dit "dossier du 24 octobre 1997", signé par le Président des
questions de formation, a été remis aux plus hautes instances de la FIM.
Puis le dossier sera remis à monsieur Jean-Lou GIROS, Président du Groupement des Industries Métallurgiques -
(GIM), par ailleurs Trésorier de la FIM ; on peut constater le "système croisé" qui est de mise dans
les institutions patronales. Il faut rappeler que le président GIROS a fait la une de la presse (voir
entre autre dans articles de presse : Le Parisien - Politis) : en effet il était le Président du Groupement
des Industries Métallurgiques - GIM. Cet organisme est, entre autre, collecteur de fonds pour l'UIMM
auprès des entreprises d'Ile de France et région parisienne.
Il a été découvert par les enquêteurs que le GIM avait, lui aussi, sa caisse noire en Suisse.
IL y eut ensuite de nombreuses réunions entre les plus hautes instances du GIM, de l'UIMM
et de la FIM pour parler du "dossier sensible".
Ce dossier sensible dit: "dossier du 24 octobre 1997" aura permis de mettre fin aux
"dysfonctionnements importants" par la fermeture du centre de formation et par le licenciement de son Directeur.
Par ailleurs, il a été établi plus tard, que ces " dysfonctionnements importants" étaient généralisés
dans le domaine de la formation professionnelle dont le budget est d'environ 27 milliards d'euros par an !
De plus, d'après un rapport remis à M. le Président de l'Assemblée Nationale le 18 mai 1994, avec dépôt publié au Journal Officiel du
19 mai 1994, il apparaissait, en fait, qu'une part beaucoup trop réduite de la taxe d'apprentissage bénéficiait directement
à l'apprentissage.
En effet, in fine seulement 27,9 % de la taxe versée aux établissements bénéficiaires, parvenaient effectivement aux centres
de formation d'apprentis et aux classes préparatoires à l'apprentissage !
Il y avait là, matière à appliquer la citation limpide de Charles Péguy :
« Celui qui sait la Vérité et qui ne gueule pas la Vérité , se fait le complice des escrocs et des faussaires. »
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Dossier du Service de Prévention de la Corruption du Ministère de la Justice
Rapport 1998-1999 - Editions des Journaux Officiels - Chapitre III du rapport intitulé:
"Les risques de dérives dans le secteur de la formation professionnelle"
"
Chacun des acteurs du mécanisme existant a, d'une manière ou d'une autre, intérêt à faire perdurer un tel
système et à éviter que puissent être mises en place des procédures aussi bien en internes qu'en externes"
Les dérives
- 1 - Les stagiaires
- 1.1 La formation « récompense » ou « alibi»
- 1.2 La formation non dispensée
- 1.3 «Participation» du stagiaire
- 2 - Les organismes de formation
- 1.4 Enrichissement personnel
- 1.5 Faux salarié en contrat
- 1.6 Détournement de subventions
- 3 - Les organismes collecteurs
- 3.1 Enrichissement personnel
- 3.2 Interposition d'écrans
- 3.3 Existence de liens personnels
- 4 - Les entreprises
- 4.1 Détournements d'aides publiques
- 4.2 Mécanismes mis en place par des groupes
Conclusions du rapport
"Au moment où la Communauté Internationale prend des initiatives pour endiguer la corruption,
il serait paradoxal que pût continuer de peser une suspicion diffuse d'un secteur parfois présenté comme le fleuron
du partenariat Etat-Entreprises Il y a en matière de formation professionnelle,
devoir d'examens des procédures et d'exemplarité des hommes. "
Avant d'arriver à l'aboutissement de ce dossier, j'ai subi des conditions de travail très difficiles,
sans bureau personnel pendant de nombreux mois, ce qui ne me facilitait pas la tâche.
Mais surtout, j'évoluais dans un environnement d'intimidations, menaces, sabotage de voiture, agressions,
incendie criminel...
La fermeture du centre de formation de la FIM a eu lieu en 1998 et a coûté plus d'un million d'euros
réglé notamment par des fonds alloués à la formation professionnelle, mais le chiffre présenté au Conseil
d'administration de la FIM sera ramené à environ 380 000 euros.
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A partir de ce moment, mes conditions de travail sont devenues très difficiles :
- Surcharge de travail avec de nombreux déplacements en province notamment à Bourges chez GIAT Industries et à la DGA
- Pas de remplacement pendant les 3 mois d'arrêt maladie
- Fonction dévalorisée par son intitulé dans le livret d'accueil FIM
- Tentative de fermeture du centre de formation qui finançait mon salaire
pour me signifier un licenciement économique au détriment des 52 salariés de ce centre qui eux aussi
auraient perdu leur travail
- etc...
Pour avoir voulu oeuvrer pour l'Etat de droit et l'intérêt général, quels n'ont pas été les combats
que j'ai dû supporter.
En effet, ces combats ont eu raison de ma santé en 2001 alors que je n'avais que 46 ans et la charge
de mes deux enfants aux études supérieures.
A partir de 1998, j'ai été opérée à cinq reprises à l'hôpital militaire du Val de Grâce puis à celui de
Percy-Clamart pour une hernie ombilicale compliquée d'une péritonite aigüe due au stress, suivie de quatre récidives puis très affaiblie,
j'ai contracté une pleurésie purulente en 2001.
Alors que mon pronostic vital était plus qu'engagé, mon employeur, par l'intermédiaire du président
Jacques GARIH, a eu l'outrecuidance de me faire signer mon dossier de licenciement sur mon lit d'hôpital,
la veille de l'opération du pounmon droit. Le dossier de licenciement a été préparé avec l'aide du GIM
alors que la FIM, avec plus de 40 syndicats patronau avait un service du personnel important.
J'ai survécu à l'opération, mais ayant de graves séquelles pulmonaires, il m'a été fortement conseillé,
par le service de chirurgie thoracique de l'hôpital militaire de Percy-Clamart, de quitter Paris pour
des climats marins plus sains comme ceux des côtes de la Corse ou de la Bretagne, ce que j'ai fait dans
l'urgence en m'installant en Bretagne.
C'est donc dans un grand déchirement que j'ai dû quitter Paris en y laissant mes enfants, mes amis,
mon environnement...
La vérité dans ce scandale de la formation professionnelle a enfin éclaté en septembre 2007 soit 10
ans après la remise du "dossier sensible du 24 octobre 1997".
Cependant, après y avoir laissé ma santé, je continue à me battre encore aujourd'hui contre des
"réseaux", notamment la Prévoyance de l'UIMM comme le mentionne l'article
"Les Lanceurs d'alerte" du cyberjournal-Rue89.
En effet, je survis actuellement avec une rente d'invalidité de 850 euros par mois ;
on fait tout pour me "couler" moralement et financièrement afin que je ne dise pas prochainement
devant les tribunaux ce qui n'a pas encore été dit.
Et c'est pour ces raisons que des "réseaux de l'ombre" s'acharnent contre moi pour
protéger leurs amis corrompus de la Vème République.
Voilà ce qu'est devenu mon quotidien pour avoir voulu oeuvrer pour l'Etat de droit et l'intérêt général ;
Mais avec l'aide des avocats, je reste à la disposition de la Justice en lui apportant mes éléments.
C'est pour ces raisons que j'ai besoin d'un soutien MORAL et FINANCIER.
ANNICK LE PAGE.
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